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Coup de tonnerre en Petite Camargue Alsacienne !

Coup de tonnerre en Petite Camargue Alsacienne, hier soir lors de l’Assemblée Générale de cette belle et grande association (qui gère la Réserve Naturelle d’Etat, le Centre d’Initiation à la Nature, la Pisciculture et un secteur recherche scientifique) puisque la présidente a annoncé sa démission de toutes ses fonctions au sein de l’association, , avec effet immédiat.

Les dysfonctionnements et le déni de démocratie associative l’ont poussé à cette décision qu’elle a mûrement réfléchit. L’Assoce verte souhaitant une totale transparence dans ces difficultés de gouvernance c’est procuré le rapport morale de Mme Chantal Boissaye (voir dessous).  Chacun pourra se faire sa propre idée et voir s’il trouve  cette situation normale ou intolérable.

Pour ceux qui souhaite se faire une idée sur l’engagement de cette militante de la 1ère heure découvrez son portrait ici

En attendant elle reste au sein de l’Assoce Verte, une association qui sait respecter et reconnaître l’engagement  ses bénévoles !

RAPPORT MORAL DE CHANTAL BOISSAYE

Me voici une nouvelle fois à faire un exercice de style, qui cette année me semble difficile à plusieurs titres.  Tout d’abord en 2013, je n’ai exercé la présidence qu’au quatrième trimestre, ainsi que le veulent les statuts. J’ai pris la suite de Bernard Tritsch en octobre, et j’aimerais une fois encore le remercier chaleureusement.

C’est ensuite sans doute mon dernier rapport moral qui clôture quarante années d’engagement bénévole en responsabilité et aussi 13 années de fonctionnement de l’Association Petite Camargue Alsacienne  avec l’alternance de présidence, au cours desquelles 2 présidents Bernard Tritsch et moi-même aurons  épuisé les limites statutaires que nous nous sommes fixées à savoir 3 mandats de 2 ans.

C’est donc pour moi un peu un testament, pour une petite Camargue qui sur le terrain continue son développement avec le gigantesque chantier de renaturation sur l’ile du Rhin, dans la réserve étendue. Une renaturation d’une superficie équivalente à la réserve historique, qui comportait en son sein nombre d’hectares cultivés !

Je me dois encore d’aborder aussi la vie associative, qui est riche de ses projets, avec la mise en place d’une nouvelle commission « vie associative » pour dynamiser le bénévolat et susciter de nouveaux engagements, rajeunir et rendre, c’est tendance, plus paritaire.

C’est aussi le projet de nouvelle porte d’entrée, campus de la nature dans la cité, au cœur de Neuweg, qui lui aussi a besoin d’énergies, d’imagination et de force créatrice nouvelles, car c’est là que peut s’exprimer une dynamique associative renouvelée et là aussi qu’elle peut apporter une plus-value certaine à un projet qui doit devenir réalité, et avenir.

C’est encore la discussion, le questionnement, même si quelquefois ils heurtent les egos rassemblés autour d’une noble cause, qui ne doivent pas au nom de l’efficacité et du tout va très bien, être évacués, car tôt ou tard, quand il y a des inquiétudes non levées, l’abcès prolifère sournoisement et la guérison sera plus longue et difficile.

L’histoire éclaire l’avenir, le vécu passé doit être transmis avec les réalisations, les éléments positifs, mais aussi les errements, les réponses et les questions en suspens. Elle nous a enseigné au fil des 40 ans que rien n’est figé une fois pour toutes, que les plus fortes certitudes méritent d’être interrogées, et que faire vivre la Petite Camargue, c’est aussi faire agir ensemble des hommes et des femmes autour de statuts et de règlements intérieurs, qui reflètent et font partager une éthique au service de la nature et de l’homme, dans le respect, l’honnêteté ,l’ouverture et l’altruisme. Nous avons aussi la responsabilité de nombreux salariés, auxquels nous devons garantir un bon climat de travail, de confiance, au quotidien et dans le long terme. Nous devons les associer à nos réflexions tout en leur offrant un mode de fonctionnement clair dans lequel le positionnement de chacun est bien clairement défini.

Tout cela pour dire que le président a la lourde responsabilité de porter les attentes d’une association forte de ses 600 membres, de les relayer et les partager avec un conseil d’administration, riche de sa diversité pour que tous ensemble avec les salariés nous fassions vivre toujours mieux la Petite Camargue.

Assumer cette responsabilité n’est pas toujours de tout repos, les questionnements sur la gouvernance, quand le quotidien est déjà bien lourd à gérer, ne semblent pas prioritaires, et pourtant ils sont indispensables à la pérennité de la Petite Camargue Alsacienne, et nous devons les aborder dans le cadre du bilan d’étape de la réflexion stratégique, pour donner davantage d’impulsion et renforcer notre canevas pour l’avenir.

Dans ce que j’ai écrit plus haut, j’ai raisonné dans l’esprit d’une politique associative qui est née il y a 40 ans qui avait l’identité d’une ONG, d’une expression citoyenne qui a su acquérir une légitimité en obtenant la mise en place des outils de protection et de gestion.

Au fil du temps à plusieurs reprises des tentatives de récupération ont eu lieu particulièrement lors des campagnes électorales, mais jusqu’en 2000 le projet associatif avait été assez fort pour résister.  Les changements opérés en 2000 avec l’alternance de la présidence ont renforcé au sein de l’association la légitimité des élus des collectivités mais affaibli le secteur associatif au niveau de la gouvernance de l’association, surtout quand en plus est mis en place le changement de nom des Amis de la Petite Camargue, comme pour effacer un passé devenu inavouable. Tout cela profite aux élus et surtout au directeur qui de ce fait devient aux yeux de tous l’unique clef de voûte de la structure, mettant les administrateurs tantôt ensemble tantôt dos à dos, pour tirer toutes les ficelles sans que personne ne le réalise vraiment.

Cela est apparu déjà il y a 5 ans lors de la réflexion stratégique où déjà il était question de renforcer le volet associatif, plus encore dans l’étude de Clara Therville, qui a réellement pointé ce point de vigilance.

Avec Philippe Knibiely, la Petite Camargue n’a cessé de progresser sur le terrain, mais pour asseoir son pouvoir il a fait échapper le sens du projet associatif aux administrateurs. La petite Camargue est devenue une institution et à ce titre son avenir n’est sans doute pas menacé, mais c’est aussi devenu une organisation parapublique dans laquelle le bénévolat va devoir se satisfaire d’être au service des tâches pratiques et aura beaucoup de mal à être force de proposition.

Dans cette situation et avec notre directeur devenu de surcroit adjoint à l’environnement de St-Louis, il y a à mon sens un trouble caractérisé d’objectifs au niveau de notre gouvernance, avec lequel je ne veux pas mettre ma tête dans le sable.

J’ai essayé lors du dernier bureau de poser le problème pour qu’ensemble nous trouvions les solutions. Mon intervention n’a pas été comprise, et les agressions que j’ai subies ainsi que ma mise au banc des accusés, m’ont fait prendre conscience que l’association n’était plus le lieu d’expression et de discussion que j’imaginais encore.

Cela a été renforcé lors du CA par un déni de démocratie associative, la présidence ayant refusé d’ajouter un point de discussion (non de décision) à l’ordre du jour demandé par le président de l’Assoce Verte. D’être respectueux des règles, peut mener à réaliser une nouvelle fois, que les dés sont pipés, et que ce qui aurait pu être un échange positif, constructif n’a pas pu être. Si je mets tout cela sur cette table aujourd’hui , c’est que ce rapport moral est le dernier lieu où je puisse m’expliquer dans les règles de la démocratie associative et dans ma fonction.

J’ai pris la décision de quitter avec effet immédiat toutes mes fonctions au sein d’une association dont la politique et le fonctionnement ne correspondent plus du tout à mes convictions intimes.

Si j’ai pris cette décision, ce n’est pas sur un coup de tête, elle est murement réfléchie, et pour ceux  qui se réjouissent de mon départ j’aimerais préciser que je n’ai rien à me reprocher quant à mes agissements de présidente au cours de ce mandat partiel, je me sens bien avec ce que je crois avoir été juste. A ceux d’entre vous, qui ne souhaitaient pas ce départ je demande de la compréhension pour ma démarche, et j’espère qu’ils sauront mieux que moi faire rebondir l’association.

Vive la Petite Camargue !

Chantal Boissaye

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